La quête du tragique qui anime le théâtre espagnol depuis le début du XXe siècle obéit à un double objectif : la nécessité de composer des œuvres qui reflètent la crise qui affecte l’homme, assailli par des interrogations et des tourments auxquels il ne trouve pas de réponse, et, surtout, le besoin de donner une dignité nouvelle au théâtre par une redécouverte de la scène. Animées par ce souffle tragique, les œuvres de Ramón del Valle-Inclán (Luces de Bohemia), de Rafael Alberti (El hombre deshabitado) et de Federico García Lorca (La casa de Bernarda Alba) explorent des voies dramaturgiques nouvelles qui sont des réponses à cette double crise de l’homme et du théâtre. Elles montrent comment à la noirceur du monde, le théâtre oppose la vitalité et la créativité de l'art.
Évelyne RICCI, ancien membre de la Casa de Velázquez, est maître de conférences à l’université de Bourgogne. Spécialiste de théâtre et d’histoire culturelle, elle consacre ses recherches aux dramaturges espagnols du XXe siècle et à l’étude de la vie théâtrale et culturelle.
Le théâtre espagnol entre vitalité et crise. Le dynamisme de la vie théâtrale. La crise du théâtre. Le sentiment tragique dans le monde. La fascination tragique dans le théâtre espagnol. Valle-Inclán, Alberti et Lorca ou la mise en scène du tragique. Le tragique en question. Le tragique contemporain. Tragique et représentation. Le refus du mimétisme. L'exploration des sens. La poétique tragique de Valle-Inclán, Alberti et Lorca.Luces de Bohemia à la lumière du grotesque. Le tragique métaphysique de El hombre deshabitado. La casa de Bernarda Alba ou la tragédie du silence.